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2013-09-11T20:25:00+02:00

La France dans le monde de 2025

Publié par undetension

Marcel-Gauchet.jpg

 

 

 

(…) "Pour se projeter à long terme, il faut aller au-delà de l’économie. Le profond malaise qui paralyse la France tient moins aux difficultés économiques qu’à une crise d’identité. Depuis la Révolution, notre pays se définit par une identité universaliste, mais la mondialisation réduit mécaniquement notre influence dans le monde, et la prétention universelle de notre modèle n’est plus tenable.

 

Que faire ? On ne change pas l’identité d’un pays par décret : sur ce point, il faut méditer l’échec de Nicolas Sarkozy, qui a tenté d’aligner l’identité française sur le modèle européano-libéral. Il a échoué à cause de la méthode, mais aussi à cause du but : les Français n’avaient pas envie de ça.

Il convient donc d’actualiser l’identité française tout en restant dans la continuité. Je crois que la France peut avoir l’ambition d’être un pays exemplaire dans sa capacité à ne laisser personne au bord du chemin. Le néolibéralisme divise la société entre les utiles et les assistés. Définir une société qui fasse de la place à tout le monde, voilà qui pourrait donner un nouveau contenu à l’universalisme français.

 Mais, pour cela, il faut changer de méthode, renoncer aux recettes miracles imposées d’en haut et prendre le temps d’associer les gens concernés. (…)

Dans la logique néolibérale, la société doit s’adapter à l’économie. Un véritable socialisme réformiste doit chercher au contraire à adapter l’économie à la société".

 

interview de Marcel Gauchet, philosophe, parue dans le Nouvelobs du 22-08-2013

 

Toujours Marcel Gauchet, dans le J.D.D. du 15-09-2013 cette fois, et ses portraits décapants des Présidents de la Vè :

 

 

 

Vous avez rencontré tous les présidents depuis Mitterrand. Comment voyez-vous François Hollande?

Il est charmant, drôle. C'est un homme très intelligent, très lucide et c'est en même temps un politicien indéchiffrable. Il y a deux hommes chez lui entre lesquels je n'arrive pas à faire le joint. D'un côté le politicien pour qui, en gros, la politique consiste à s'arranger avec les problèmes, à limiter les dégâts… sans faire de miracle. Et puis il y a un François Hollande analyste, d'une grande acuité dans l'appréhension des situations. Je l'ai entendu tenir des propos sur l'Europe qui m'ont sidéré par leur justesse. Il y a deux Hollande. Un Hollande qui ferait un observateur remarquable et un Hollande opportuniste dans l'action, dont le jeu consiste à ne pas se démasquer, persuadé qu'on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment!

 

Mitterrand?

Le Mitterrand du second septennat, après 1988, donnait l'impression d'être à côté de la plaque. Il était très habile bien sûr, très au fait des choses, mais il lisait les événements avec une grille d'une autre époque. L'âge et la fatigue y étaient pour quelque chose.

 

Chirac?

Il était indifférent aux problèmes de fond. Cela ne l'intéressait pas. Il faisait de la politique, c'est tout. C'était un pragmatique intégral. Pour lui, visiblement, chercher à comprendre, c'était perdre son temps.

 

Sarkozy?

Pour ce que j'en ai perçu, quelqu'un de très malin, rapide, dynamique, mais passionnel. Il était capable d'écouter tout le temps où cela ne contredisait pas l'une ou l'autre de ses convictions fortes, émotionnelles.

Il devenait pathétiquement, sympathiquement incapable de dialogue dès lors qu'il était en désaccord avec vous. Lui avait une ligne de conduite. Il était guidé par une sorte de diagnostic intuitif, doublé d'une foi absolue dans sa bonne étoile.

 

C'est le personnage ou la ligne qui ont été rejetés?

Les deux, la proposition, confusément, et la manière de gouverner, clairement.

 

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