N. O. - Un romancier comme Michel Houellebecq s'est fait le propagateur d'une vision où 68, loin d'entamer une
ère de liberté sexuelle véritable, aurait étendu le domaine de la lutte capitaliste au sexe lui-même, chacun devenant remplaçable, en état d'insécurité permanente. Partagez-vous cette vision
?
A. Finkielkraut. - "On a voulu croire que la libération sexuelle allait supprimer la dimension du malheur. Mais ce n'est pas parce que tout
est permis que tout est possible, et c'est l'immense mérite de Houellebecq de l'avoir rappelé. Le désir est un choix, et choisir c'est exclure. Sans doute est-il en effet plus difficile
aujourd'hui que jamais d'être moche, timide ou ringard. L'interdit était un alibi à l'échec.
Notre époque est plus libre, et donc d'une certaine manière plus cruelle".
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Pour lire l’intégralité de l’interview parue dans l’édition du Nouvel Obs du 6 mars :
Pour ceux qui préfèrent 69 à 68, le Nouvel obs précité consacre un dossier complet (11 articles) à la sexualité des Français :
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