
Le calme est impressionnant dans cette bourgade depuis que la route nationale 7 contourne la ville. Tant mieux pour mon oncle, qui habite toujours la maison qu'occupaient mes grands-parents, avec une chambre distante de moins de 3m. de la route.

Calme explicable aussi par l'isolement de Bonny : la ville est dans le Loiret, mais sans y être : l'Yonne, le Cher et la Nièvre sont à moins de trois kilomètres. Et pour trouver une ville moyenne proche sur la 7, Nevers, 80km sont nécessaires : et encore, on tombe sur une ville morte.
Je me souviens des bruits incessants de véhicules, surtout la nuit, des camions qui faisaient vibrer les vitres. Eh, oui, il fallait traverser Bonny, dans les années soixante, sur l'axe Paris-Lyon-Marseille.
Le trafic a surtout baissé à partir de 1967, lorsque l'autoroute A6 a rapproché le soleil méditerranéen de Paris.

Ma grand-mère tenait une petite épicerie où s'arrêtait la clientèle de passage. Elle a eu sa photo dans le journal local (le Journal de Gien), lorsqu'elle ferma boutique, à l'orée de l'an 2000, après 66 ans d'activité ininterrompue (oui, vous avez bien lu). Cela ferait encore davantage si l'on comptait ses travaux de bonniche entre quatorze et vingt ans.
Nous sommes au siècle dernier, à la fin des années 20, et comme partout les maîtres payaient avec un lance-pierres et ne déclaraient pas leurs employés. Heureusement, son mariage lui a permis d'ouvrir un petit commerce.

Sa famille venait de l'Yonne, alors que celle de mon grand-père était installée de longue date dans la commune, puisque son propre grand-père, Antoine, était né en 1833 à Bonny. Son métier : vigneron.
Peut-être était-ce son pressoir ?

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