La semaine dernière à Londres, j'ai vécu un tournant dans l'histoire contemporaine de la
Grande-Bretagne, abondamment commenté par la presse locale, et repris ainsi dans le Monde :
Inflexion économique historique à Londres
"La date du 22 avril 2009 restera à jamais gravée dans les annales économiques britanniques. Ce jour-là, le Royaume-Uni, en proie à la plus grave récession depuis 1945, a tourné le dos à quinze
ans de politique économique expansionniste fondée sur la baisse des impôts, la hausse des dépenses publiques, l'excédent budgétaire et la maîtrise de la livre Sterling.
Le budget 2009-2010 présenté par le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, marque en effet une cassure historique. L'augmentation de la pression fiscale sur les hauts
revenus, la baisse des dépenses publiques à l'exception de mesures de relance ciblées et l'acceptation d'un déficit sans précédent des comptes publics l'attestent.
Par ailleurs, la loi de finances, qui couvre l'année fiscale entamée le 6 avril, symbolise la fin de la longue lune de miel entre la City et le New Labour. Pour se faire élire la première fois en
1997, Tony Blair s'était engagé à ne pas augmenter les impôts des riches. Alors que l'opposition conservatrice devance largement les travaillistes dans les sondages, le budget marque le retour à
une claire division économique droite-gauche pour la première fois depuis le milieu des années 1990.
Pour résorber le déficit record des comptes publics, le gouvernement travailliste s'est engagé à la fois à accroître la ponction fiscale et à réduire les dépenses, une gageure en cette période de
récession.
Prévisions optimistes
Sur le plan fiscal, l'augmentation à 50 % de la tranche supérieure de l'impôt sur les revenus et la baisse des détaxations en matière de retraite privée dont bénéficient les contribuables nantis
sont destinées à regarnir progressivement les caisses de l'Etat mises à mal par le ressac conjoncturel et la hausse du chômage. Les relèvements des taxes sur l'alcool, l'essence et le tabac sont
également plus importants que prévu.
La pression fiscale accrue sur les hauts revenus, qui vise surtout les professionnels de la City, a été bien accueillie par l'opinion, qui rend la place financière et les banques responsables de
la crise économique.
En revanche, les sacrifices nécessaires pour redresser les finances publiques à long terme via des économies sur les frais de fonctionnement de l'Etat ont été reportés après les
élections".
Bon, alors la question est la suivante : si les très libéraux anglo-saxons augmentent les impôts des riches, pourquoi la France ne fait-elle pas de même ? On peut penser que l'opinion publique
réagirait aussi favorablement qu'outre-manche...
le 22-04-09
Quelque chose ne change pas, à Londres, c'est la vitalité musicale, jamais démentie depuis l'arrivée
des quatre de Liverpool en 1962.
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