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Chaque jour, Greg Lemond livre un passionnant article sur le Tour de France dans Le Monde. Aujourd'hui, il fait un peu de maths, et nous rappelle qu'en la matière, les espagnols ont plusieurs
longueurs d'avance, puisque leurs performances ne peuvent s'expliquer rationnellement. Ce sont des extra terrestres, et on rappellera pour la petite histoire que Lemond quitte le vélo quand l'EPO débarque, et que son successeur au palmarès du Tour (un espagnol !)
l'emportera cinq fois de suite sans quasiment se mettre en danseuse dans la montagne, sans transpirer, à des vitesses de mobylette dans les côtes.
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Dimanche 19 juillet, lors de l'ascension vers Verbier, Alberto Contador a établi un record de vitesse : il a parcouru les 8,5 km de montée (7,5 % de pente moyenne) en 20 min 55. Jamais un coureur
du Tour n'avait grimpé aussi vite. Comment expliquer une telle performance ? Selon les dernières données publiées par l'ancien entraîneur de Festina et spécialiste reconnu de la performance,
Antoine Vayer, dans Libération, le coureur espagnol aurait eu besoin d'une VO2 max (consommation maximale d'oxygène) de 99,5ml / mn / kg
pour produire cet effort.
A ma connaissance, c'est un chiffre qui n'a jamais été atteint par aucun athlète, dans aucun sport. C'est un peu comme si une belle Mercedes sortant d'un salon automobile s'alignait sur un circuit de Formule 1 et remportait la course. Il y a quelque chose qui cloche. Il serait intéressant de savoir ce qu'il y a sous le capot. Un coureur roulant à l'eau claire peut-il atteindre la vitesse d'ascension et la puissance produite à Verbier ? Peut-être. Si les études menées par Antoine Vayer sont correctes, Alberto Contador serait alors le premier être humain à atteindre un tel palier de performance.
En admettant la validité des tests
physiologiques de l'effort, de la VO2 max et de diverses équations mathématiques qui traduisent sans état d'âme la valeur sportive, la charge revient alors à Alberto Contador de prouver qu'il est
physiquement capable d'accomplir cette prouesse sans recourir à des produits améliorant les performances. En raison de l'histoire récente de notre sport, le doute est de rigueur. Et devrait nous
conduire à nous interroger sur ces performances extraordinaires. C'est pourquoi le sceptique que je suis devenu a envie de demander à Alberto Contador de nous
convaincre.
DUBITATIF
Je voudrais connaître sa réelle référence en
matière de VO2 max. En le sachant, on pourrait alors expliquer ce résultat qui fait de lui le grimpeur le plus rapide de l'histoire du Tour. L'avenir des contrôles antidopage ne passe pas
seulement par des méthodes de détection sanguine et urinaire mais par l'évaluation des paramètres physiologiques de chaque individu. Pour établir un profil fiable, il faudrait commencer cette
évaluation dès les premiers coups de pédale chez les juniors.
A l'instar du passeport sanguin qui permet de suivre dans la durée l'évolution des paramètres hématologiques d'un coureur, elle permettrait de surveiller l'évolution de la VO2 max. En mesurant la puissance développée par les coureurs et leur VO2 max, on parviendrait à établir l'équivalent des fichiers ADN utilisés pour confondre un criminel. Je ne connais pas les vraies valeurs d'Alberto Contador comme je ne connais pas les conditions météorologiques (le vent, notamment) lors de l'étape de Verbier. Je ne porterai donc ici aucun jugement sans davantage d'informations.
Lors du procès Festina, en 2000, à Lille, des témoignages avaient fait valoir que des coureurs avec des VO2 max dans les 70 étaient capables de les porter à environ 90. Ce saut de performance a été si important qu'aucun coureur propre n'a pu ensuite rivaliser. Si on avait utilisé la méthode d'évaluation de la V02 Max, on aurait pu constater l'usage intensif de l'EPO et des transfusions sanguines dans le peloton bien avant que ces pratiques ne soient aussi profondément ancrées dans notre sport. C'est pourquoi je reste dubitatif face à toute performance qui paraît trop bonne pour être vraie.
Greg LeMond est le premier coureur américain à avoir remporté le Tour de France. Il s'est imposé en 1986, 1989 et 1990.
article publié dans "LeMond" du 24-07-2009
Tout LeMond connaît le vieux proverbe, "plus tu pédales moins fort, moins t'avances plus vite", frappé
au coin du bon sens, mais maintenant, grâce à la science, les lois de la physique sont bouleversées, et on arrive à des conclusions incroyables :


Bravo au Monde et à Libération pour leur démonstration imparable.
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