Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

2007-04-07T15:08:30+02:00

questions aux candidats à la présidentielle : quelles priorités ?

Publié par undetension

Patrick Artus: "Priorité à l'école et aux PME"

Interview Bruna BASINI
Le Journal du Dimanche (1-04-07)

>>La France risque d'arriver en 2030 dans un piètre état. C'est la thèse de l'ouvrage (1) que Patrick Artus a cosigné avec Marie-Paule Virard, et qui a remporté hier le prix des lecteurs du livre d'économie organisé par le Sénat. Entretien avec le spécialiste économique français sur l'état de la France aujourd'hui.

Quel diagnostic faites-vous sur l'état de la France ?
Depuis trente ans, notre pays a absorbé une série de ruptures structurelles : l'augmentation du prix des matières premières avec les chocs pétroliers ; l'Europe, qui suscite des comportements de repli et de patriotisme économique ; la secousse de la mondialisation, qui impose la concurrence de nouveaux pays et, enfin, le vieillissement de notre population. A tous ces chocs, la France n'a apporté aucune réponse d'envergure. Aujourd'hui, nous sommes au bout du chemin. Ce que nous offrons au commerce mondial comporte peu de biens industriels compétitifs. Et dans les services, nous vendons essentiellement du tourisme. Pour corriger le tir, on ne peut plus agir sur le levier des déficits publics, et l'endettement des ménages pour investir dans l'immobilier a atteint ses limites. Il va bien falloir travailler sur notre croissance et la création d'emplois autrement qu'avec un sparadrap. Ce n'est pas un constat de déclin pour autant.

De tous les maux qui frappent notre économie, quels sont les plus profonds?
La concurrence des pays émergents n'est pas près de faiblir. En à peine un an, un pays comme la Chine a vu croître ses exportations de plus de 50% ! La France a tendance à abandonner des productions alors qu'il faut se spécialiser et fabriquer des biens que les pays émergents ne savent pas faire. Ce qu'ont très bien compris des pays comme la Suède, l'Allemagne ou le Japon. Le vieillissement de notre population constitue l'autre gros handicap. Il faut faire en sorte que chaque actif produise plus, en partant plus tard à la retraite. C'est-à-dire à 62 ou 63 ans, plutôt qu'à 59 ans, l'âge moyen actuel. Ensuite, il faut augmenter notre productivité. En France, elle tend à ralentir car nous ne créons pas assez d'emplois à forte valeur ajoutée.

L'argent public va se faire de plus en plus rare...
Jusqu'ici, ni l'Etat ni les collectivités locales ne mesurent l'utilité des dépenses qu'ils engagent. Cette pratique ne peut perdurer. Nos hommes politiques doivent renoncer à vouloir mettre leur nom sur des contrats aidés, des mesures de défiscalisation ou des aides à l'exportation qui ne profitent pas à l'économie. Notre modèle social a fini par engendrer des inégalités.
C'est pour cela que je suis favorable au contrat de travail unique, seul facteur d'équité pour les nouveaux entrants sur le marché du travail. Actuellement, 70% des nouveaux emplois sont précaires. Seuls les baby-boomers dotés d'un CDI ou travaillant dans le public opèrent en régime protégé.

Quel conseil donneriez-vous aux candidats à la présidentielle ?
De s'occuper en priorité de l'école et de l'université pour améliorer notre capital humain, et de faire en sorte que nos PME puissent grandir. Leur taux de croissance annuel est quasiment nul. Elles manquent de mesures, contraignant les grandes entreprises ou les administrations à leur attribuer des marchés. Surtout, il faut favoriser leur financement, qui dépend encore trop de la dette et bride leur développement.

Faudra-t-il faire un sort à l'impôt de solidarité sur la fortune, comme vient de le décider le gouvernement suédois ?
On est désormais seuls en Europe à s'accrocher à la défense de cet impôt proprement délirant, car il taxe à la fois le revenu du capital et le capital lui-même. On sait que les Français concernés partent désormais en masse à l'étranger pour y échapper, et que la TVA, non perçue de ce fait, est égale à deux fois ce que rapporte l'ISF à Bercy. Mais avant d'abolir l'ISF, il faut supprimer toutes les niches fiscales et imposer un taux d'impôt unique pour continuer à taxer le revenu du capital. Sinon, ce serait inéquitable.

(1) Comment nous avons ruiné nos enfants, Patrick Artus, Marie-Paule Virard, La Découverte, 165 pages, 12,50 euros.

Voir les commentaires

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon Blogger Template | Gift Idea - Hébergé par Overblog