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2007-05-01T22:21:34+02:00

questions aux candidats à la présidentielle : quelles priorités ?

Publié par undetension
Changement climatique
 

Réuni à Bruxelles, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) est tardivement parvenu, vendredi 6 avril, à adopter le texte du Résumé pour les décideurs de la deuxième partie de son rapport 2007. La première partie, rendue publique en février à Paris, avait pour objet les éléments scientifiques de compréhension et d'anticipation du réchauffement. La deuxième et avant-dernière porte quant à elle sur les conséquences prévisibles du changement climatique sur la biosphère et les sociétés humaines.

Politiquement sensible, le Résumé, adopté in extremis au terme de cinq jours de discussions - dont une séquence finale de plus de vingt-quatre heures ininterrompues -, a vu chacun de ses termes âprement discuté. Les représentants de certains pays - en particulier les Etats-Unis, la Chine et l'Arabie saoudite - ont œuvré jusqu'au dernier instant pour tenter d'édulcorer le texte.

Allégé de plusieurs éléments de chiffrage et de quantification des dégâts à venir, celui-ci n'en est pas moins alarmant. Il prévoit "une augmentation de la mortalité (...) due aux vagues de chaleur, aux inondations, aux tempêtes, aux incendies et aux sécheresses", estime à "plusieurs millions" le nombre d'individus qui, d'ici à 2080, seront touchés par la hausse du niveau des mers et sans doute contraints au déplacement, pronostique une augmentation des aires de répartition des insectes vecteurs de maladies infectieuses, etc.

"L'un des principaux points d'inquiétude est la baisse de la disponibilité en eaux douces", dit Marc Gillet, directeur de l'Observatoire national des effets du réchauffement climatique (Onerc) et chef de la délégation française. Selon le texte adopté, il est prévu que, d'ici à 2020, de 75 millions à 250 millions d'Africains soient exposés "à une aggravation du stress hydrique en raison du changement climatique". En Asie, le recul des glaciers, en particulier dans l'Himalaya, entraînera une baisse de débit des grands fleuves. Celle-ci, conjuguée à un accroissement de la population, pourrait "affecter négativement" environ un milliard d'individus d'ici à 2050.

Les pays riches, aux latitudes moyennes et hautes, seront globalement moins touchés. Mais, précise l'économiste Stéphane Hallegatte, coauteur du rapport, ils devront cependant adapter eux aussi leurs infrastructures de gestion des eaux. Ainsi, d'ailleurs, que les grands systèmes de production énergétique adossés aux bassins hydrologiques - hydroélectricité, centrales nucléaires.

Ces changements, combinés à la perturbation de la saison végétative, auront une influence sur les rendements agricoles. Pour une température moyenne supérieure de 1 degré à 3 degrés à la moyenne des années 1990, ceux-ci vont globalement augmenter aux latitudes hautes et moyennes. Ils baisseront "partout où la température n'est pas un facteur limitant à la production végétale", selon M. Hallegatte - c'est-à-dire dans les pays du Sud. Au-delà de 3 degrés d'augmentation des températures, les rendements chutent partout, mais cette précision n'est pas explicitement formulée dans le texte adopté. Pas plus, d'ailleurs, que n'y sont estimées les baisses de rendement en question (de l'ordre de 30 % dans certaines régions).

Ces prévisions sont inquiétantes pour les économies du Sud, qui, pour beaucoup, reposent sur le secteur primaire. Quant aux richesses évaluées en termes de biodiversité, elles sont vouées à un effondrement rapide. Le GIEC prévoit une disparition probable de 20 % à 30 % des animaux et végétaux terrestres pour une augmentation moyenne de température de 1,5 degré à 2,5 degrés - soit d'ici à 2050 environ.

Le Résumé adopté comporte bien un volet sur les "réponses" à apporter. Il n'y livre pas de solution miracle. Les gouvernements devront promouvoir le développement durable, soutenir la recherche technologique, adapter leurs agricultures, anticiper la réorientation économique des régions touristiques qui perdront leur attrait, etc. Le financement de ces mesures est envisageable pour les pays riches ; il pose un grave problème pour les autres.


Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du Monde du 08.04.07

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Photos de Dubaï, un pays qui consomme deux fois plus d'eau par habitant que la France.

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