
Decca vient de publier un coffret de sept c.d. dans lequel figurent quelques uns des plus grands enregistrements de toute l’histoire du disque (et pas dans des œuvres secondaires !).
Jamais sans doute un album aussi épais n’avait autant marié qualité et quantité. Il n’y a que des trésors !
Des versions idéales du Boléro de Ravel, du Sacre du Printemps de Stravinsky, du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy etc…, on n’en croit pas ses oreilles tellement Monteux survole les débats dans des œuvres qui ne manquent pourtant pas de références.
Catalogué spécialiste de la musique française et russe – ce qu’il est sans contestation – Monteux était pourtant d’abord brahmsien de cœur (sa longévité artistique fut telle qu’il joua au début de sa carrière devant Brahms en personne et enregistra sa deuxième symphonie en stéréo à la fin de sa vie !), ce que la réédition permet d’apprécier. Avec la Philharmonie de Vienne ; il nous livre une deuxième symphonie lumineuse, qui avance sans cesse, avec une énorme assurance. Son art lui permet d’être vigoureux tout en optant pour des tempos modérés, ceci afin de faire respirer une partition très chantante, ayant besoin d’un chef souple, capable d’exalter la fantaisie et la richesse mélodique de cette symphonie.
Difficile de mieux réussir la quadrature du cercle : équilibrer puissance, sens de la grande architecture et sérieux germaniques, lyrisme, luminosité et fougue italiens, Monteux réussit là un véritable tour de force. Créer une interprétation qui, telle un grand fleuve, a le débit de l’Amazone à son embouchure, la clarté d’une source, le tracé sinueux
A féliciter aussi, l’orchestre et le preneur de son (1959, je n’étais pas encore né !), on a souvent fait pire depuis, rarement mieux.
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