Les adjectifs qui reviennent le plus à propos des interprétations de Monteux sont : scrupuleux, clair, sobre, lyrique. Son style est jugé décanté et électrisant.
Continuons l’écoute du coffret Decca, qui démontre toutes ces qualités.
Monteux livre une leçon de style immortelle. Son disque est d’une beauté musicale et poétique absolues.
« Boléro » : la progression est magistralement conduite, le naturel est paradoxalement obtenu grâce à une précision horlogère diabolique, qui ne se fait jamais sentir. La version de Monteux n’est pas la plus enflammée, mais incontestablement la plus équilibrée et la plus poétique.
« La Valse » : le dosage et le mélange des couleurs est savamment réalisé. L’œuvre devient avec Monteux à la fois fantomatique et envoûtante.
« Ma Mère l’Oye » : les équilibres sonores obtenus par le chef nous emmènent dans un monde miniature d’une féérie merveilleuse.
Il ne reste qu’à espérer un second coffret regroupant les enregistrements encore manquants de la fin de sa vie, parmi lesquels « Daphnis & Chloe », dans l’interprétation la plus juste stylistiquement, la plus claire, la mieux équilibrée, mais aussi la plus vivante.

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