
Reconnu en France depuis son prix Grand public du Salon du livre 2007 pour son dernier roman, Tariq Ali est un fin connaisseur du moyen-orient ; il vit à Londres, mais est d’origine pakistanaise.
Après le retrait soviétique d’Afghanistan, en 1989, les Etats-Unis se sont désintéressés du Pakistan comme de tant d’autres de leurs satrapes. Ils étaient même prêts à le sanctionner. Après le 11-Septembre, il est redevenu le centre névralgique de la région aux yeux de Washington. L’argent s’est mis à couler à flots, il n’a plus été question de limitation des armements, fussent-ils nucléaires. Un jour, dans l’avion qui me ramenait du Pakistan, je suis tombé sur un ami d’enfance devenu haut responsable des services secrets. Je lui ai demandé en plaisantant, sans espérer de réponse : « Alors, tu sais où se cache Oussama ? » Il s’est contenté d’éclater de rire. « Mais est-ce que certaines personnes le savent ? – Oui, trois personnes. – Lesquelles ? – C’est pourtant évident. » Autrement dit : la hiérarchie des services secrets sait, au moins approximativement, où se trouve Ben Laden. J’ai insisté : « Mais alors, s’ils le voulaient, ils pourraient le capturer. » Il a alors répliqué, en anglais cette fois : « Mon ami, on ne tue pas la poule aux œufs d’or. »
Le temps d’un Irak indépendant et jouissant d’une intégrité territoriale est révolu. Comme l’Afghanistan, c’est une vraie bombe à retardement.
Pour lire son interview en intégralité :
http://hebdo.nouvelobs.com/p2205/articles/a332472.html
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