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2008-03-30T21:27:00+02:00

pas besoin de citer les 10000 raisons de ne pas y aller

Publié par undetension


A défaut d'être du bon spectacle, c'est par moment du grand spectacle ! Les ados adorent, surtout le final de mammouth, avec le duel inattendu d'hommes de Cro-Magnon sortis de la Guerre du feu avec une brillante civilisation pseudo-égyptienne. Quitte à être anachronique (nous sommes en - 10000 avant Jacques Chirac), le réalisateur fait d'ailleurs gagner les bipèdes en peau de bête !
Petit calcul : en attendant un film sur les Huns (de tension ?), 10 000 est mieux que 300.



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2008-03-28T00:05:00+01:00

Orwellien à souhait

Publié par undetension

la_zona_propriete_privee_imagesfilm.jpg

Volontairement non situé dans l'espace (on sait que le tournage a eu lieu à Mexico) et le temps, La zona nous fait prendre conscience de l'élargissement de la fracture sociale.
La bourgeoisie, présentant chaque jour mieux sur elle (elle ne fume plus, elle se met au sport et à la cuisine diététique), ayant toujours de plus belles voitures, de plus belles maisons, de plus beaux enfants, toujours plus intelligents, devrait faire chaque jour meilleure figure.
Et c'est l'inverse qui se passe ! Une autre fracture se produit en son sein, ou plutôt un grand écart, laissant les enfants de riches déboussolés.
L'embellissement extérieur est en effet contrebalancé par un pourrissement de l'intérieur. Lorsque l'enfant découvre que ses pieux parents ne vont pas à l'église le dimanche par conviction, qu'ils ne respectent aucun des principes (exemple : aime ton prochain) qu'ils ont demandé à Monsieur le curé d'inculquer à leurs chères petites têtes blondes, il est déçu, perdu. Comment ses parents, si bien élevés, si polis, respirant la réussite sociale, l'apparente droiture morale, peuvent-ils être d'une telle duplicité et cacher une telle laideur morale : avares, menteurs, tricheurs, et, surprise encore plus terrible, violents ! Plus violents que les concitoyens dont ils cherchent à se couper en érigeant des murs infranchissables autour de leur résidence idyllique.
Pires que violents : cruels !
Professionnellement arrivistes, sentimentalement secs avec leurs conjoints, économiquement opposés à la redistribution des richesses et favorables à une fiscalité dégressive, socialement tentés par le repli dans un ghetto et la monopolisation des meilleurs établissements scolaires au profit de leur seule descendance, on les imagine en France lepénistes ou sarkozystes, bushistes aux Etats-Unis. Ils sont l'antithèse du bo-bo, qui, lui, préfère la mixité sociale de Montreuil-sous-Bois et l'enseignement public. La zona peut se passer partout, en réalité.
Le film privilégie cependant le tiers-monde, car il y règne un mal qui épargne relativement nos contrées, le recul de l'Etat : mais pour combien de temps encore ?
Car ce recul laisse la place à une corruption aux effets désastreux, et à une fermeture de l'ascenseur social pour les classes populaires, mais aussi moyennes. L'Amérique latine est malheureusement championne en ce domaine. Les inégalités y sont donc plus flagrantes, les rapports sociaux plus tendus, la violence plus présente (enlèvements contre rançon...).
Ce film est l'histoire du danger de l'enfermement, du repli sur soi : on y voit les masques tomber, la terrible hypocrisie des riches éclater sous les yeux ébahis d'un enfant qui tombe de haut lorsqu'il découvre que son père n'est pas aussi propre que la moquette, et que les habitants de l'autre côté du mur ne sont pas les monstres supposés. Méconnaissance, mépris, diabolisation des autres classes sociales, quelle intolérance chez ces démocrates affichés, ces libéraux !
Devenus adultes, leurs enfants reproduiront majoritairement ce modèle parental (le mimétisme et les sacro-saintes considérations matérielles), mais pour ceux qui, comme le héros du film, sont écoeurés par les méchantes pratiques de leurs aînés, il leur sera difficile de se sentir bien dans leur peau et d'entretenir les meilleures relations du monde avec leurs parents.


Réussite stupéfiante pour un premier long métrage, La zona est une passionnante observation de « laboratoire », puisque les protagonistes vivent ici dans un bocal.
Pas la peine de creuser, ces gens là sont superficiels, ont une respectabilité de façade, ce n'est que du vernis, que le film fait voler en éclat.
Bonne distribution, avec la trop rare et trop belle Maribel Verdu.

 

  *                                 *

 

MikeDavis.jpg

A lire aussi, en complément, l'interview d'un prof américain de sociologie urbaine inquiet de savoir que plus de 2 milliards d'individus vivront dans des taudis en 2020 (prévisions de l'ONU), M. Davis.

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Davis a également signé un ouvrage remarqué sur Dubaï, possible modèle du capitalisme de demain, toujours plus brillant et spectaculaire, toujours plus dur avec les exclus du système.

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2008-03-26T23:26:00+01:00

...une droite divisée

Publié par undetension
Les réformes doivent être justes !

A droite, mini fronde pour mettre du social dans les réformes : il était temps !
C'est un article de Libération qui a pointé le désappointement d'une partie de la droite, exaspérée par le désintérêt de Sarko pour les classes moyennes et populaires (payé cher aux municipales)
Le papier de Libé fait référence à une tribune libre parue dans « Les échos » du 21 mars, reproduite ci-dessous :


"Le point de vue d'un collectif de députés de la majorité :

Les réformes sont indispensables, elles doivent être justes


Seule l'action réformatrice du gouvernement permettra à la France de retrouver le plein-emploi et de redonner aux Français confiance dans l'avenir. A l'issue des élections municipales, nous voulons et nous devons poursuivre les réformes, même les plus difficiles. Mais nous savons qu'elles ne seront acceptées et soutenues par les Français que si elles sont marquées du sceau de la justice. Comment et dans quel sens agir alors que nous sommes face à trois contraintes ?
• La contrainte de la dette et des déficits. Toute aggravation ruinerait la confiance en l'avenir et la solidarité à l'égard des jeunes générations. Dans le domaine des dépenses publiques, de nombreux redéploiements sont possibles et nécessaires.
• La contrainte liée à la forte progression des dépenses sociales. Dans une récente étude du CERC, il est démontré qu'au cours des quinze dernières années, l'accroissement du pouvoir d'achat s'est fait essentiellement par les prestations sociales, par le salaire différé plutôt que par le salaire direct.
• La contrainte internationale, qui tire les classes moyennes vers le bas et les classes supérieures vers le haut, creusant les inégalités.
Face à ces trois contraintes, nous devons trouver un nouvel équilibre entre exigence d'efficacité et exigence de justice sociale.
Il nous faut améliorer le minimum vieillesse, les pensions de réversion et le pouvoir d'achat des salariés à bas revenus. Cela passe, non par des dépenses publiques supplémentaires, mais par un effort fiscal plus justement réparti. Le paquet fiscal, dont les mesures sont pour l'essentiel orientées vers les classes moyennes, doit être complété soit par un plafonnement des niches fiscales et sociales, soit par la mise en oeuvre d'un impôt minimum sur la dernière tranche d'imposition. Il ne s'agit pas de créer un nouvel impôt, mais de faire en sorte que l'empilement des niches en matière d'impôt sur le revenu ne puisse réduire ce dernier de plus de 60 %. En effet, les plus hauts revenus ne doivent pas pouvoir s'exonérer totalement de l'impôt. C'est un objectif de justice fiscale et sociale. Redéployer ainsi ces 800 millions d'euros vers les retraites les plus faibles et la prime pour l'emploi est donc non seulement possible mais nécessaire.
150.000 jeunes sortent du système scolaire sans le moindre diplôme, et particulièrement les jeunes des banlieues. Nous devons réformer profondément notre formation professionnelle qui est actuellement illisible, opaque et qui favorise la bureaucratie. Ses crédits, qui représentent plus de 20 milliards d'euros, doivent en partie être redéployés vers ceux qui sont les plus fragiles.
La réforme des retraites à venir doit être imprégnée de l'exigence de justice, comme elle le fut en 2003 en permettant à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir plus tôt à la retraite. Le différentiel d'espérance de vie restant l'inégalité majeure de notre société, le travail posté, le travail de nuit, les métiers difficiles doivent être pris en compte lors du rendez-vous des retraites de 2008.
Les inégalités d'accès à la propriété ont été largement corrigées grâce aux mesures engagées par le gouvernement. Si nous voulons qu'elles jouent pleinement leur rôle, elles doivent être encore simplifiées. Par ailleurs, la rotation dans le parc HLM peut être fortement accrue grâce à deux mesures applicables depuis le 1er janvier : la location accession et le pass foncier. Grâce à elles, il est aujourd'hui possible d'accéder à la propriété dans la majorité des villes et des zones rurales, avec des mensualités voisines de 550 euros par mois.
Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes, qui ne peuvent se faire sans esprit de justice.
Les ouvriers et les employés, qui ont été les grands perdants des deux septennats de François Mitterrand, ont largement contribué à l'élection de Nicolas Sarkozy. Nous devons et nous pouvons répondre à leurs attentes. Mais la confusion trop facile entre socialisme et social impose à la droite et au centre un effort beaucoup plus important de pédagogie, avec des objectifs lisibles, mesurables, vérifiables.
C'est ainsi que nous répondrons au dilemme de toute société. Trouver le bon équilibre entre deux exigences : plus d'efficacité et davantage de justice.

Les députés signataires sont : PIERRE MÉHAIGNERIE (UMP) ..."

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2008-03-26T23:13:00+01:00

Une droite affaiblie...

Publié par undetension
Lu dans la presse :

"Quel gâchis !

Ce n'est pas la droite qui a perdu les municipales. C'est Nicolas Sarkozy. C'est lui qui a entraîné son camp dans la défaite. Ayant pendant dix mois exercé sur la France un pouvoir personnel, il essuie aujourd'hui un désaveu personnel. Indépendamment de sa signification politique, cette raclée est une bonne chose pour la République. (...) Il était indigne d'un grand pays comme le nôtre d'être gouverné en marge des institutions, par le bon plaisir et les caprices d'un enfant gâté déguisé en rock star. A défaut de mettre fin à nos difficultés, le scrutin de dimanche a mis fin à notre humiliation. (...)
Quel gâchis tout de même, quel gaspillage ! Voilà un homme qui, il y a moins d'un an, avait toutes les cartes en main et qui les a dépensées en pure perte. Ses réformes n'ont rien réformé, ni l'Etat, ni les finances, ni le niveau de vie des Français. Sa politique sociale est injuste, sa politique économique incohérente, sa politique étrangère solitaire. C'est un président affaibli qui est désormais condamné à prendre des mesures dont beaucoup seront impopulaires.
La gauche a tort de laisser entendre que l'on pourrait d'un coup de baguette magique élever le niveau de vie des Français. Mais elle a raison de souligner que les réformes, voire les sacrifices, pour être acceptables, doivent être marqués du sceau de la justice*. On ne réforme pas un pays épris d'égalité comme le nôtre en commençant par y accroître les inégalités. Le rôle du président de la République n'est pas de gouverner la France dans les détails." (...)

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Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur du 20 mars


* Et voilà qu'une partie (la partie la moins bête du monde) de la droite se met aussi à crier justice ! cf. l'article suivant sur la nécessité de faire des réformes qui soient justes.

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