Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Archives

2009-04-30T20:43:00+02:00

C'est comme le Port Salut...

Publié par undetension


















Ce nouveau quartier n'est pas d'une beauté transcendante. Le seul truc bien pourrait être la place de parking réservée à ma petite voiture rouge devant l'immeuble, mais il y a tellement d'embouteillages pour arriver là que je prends les transports en commun.



Ce n'est pas une raison pour marcher la mine défaite, les yeux fixant les chaussures arpentant le bitume gris.
Il suffit de lever la tête, et tout s'éclaircit alors...




Je travaille cité Paradis, et prends tous les jours le métro à la station...



Le dixième, c'est un petit...



Voir les commentaires

2009-04-28T21:12:00+02:00

En avril, je perds le fil (4/4)

Publié par undetension

A partir d'avril, je change de poste.
Avancée ou recul ? Sur le monopoly, j'ai reculé :
j'étais
rue de la Paix,
me voici
rue de Paradis.

En terme d'arrondissement, recul aussi : j'étais premier, me voilà dixième.


Par contre, niveau pilotage, le patron m'a confié son plus gros camion : 39 agents (65 en 2011, je passerai alors n°2), 67000 articles, c'est du lourd !


J'ai les clés à partir du 2 avril, tout semble bien aller, j'ai un beau bureau, au 5e avec terrasse, quand un terrible drame survient le lendemain de mon arrivée : décès brutal d'un jeune agent.

























Moi qui me disais la veille qu'à défaut de remonter mes finances, mon nouveau job allait être excitant et me changer les idées, eh bien c'est raté. Femmes au bord de la crise de nerfs, ambiance (légitimement) plombée, ce n'est pas dans le boulot que je trouverai du réconfort.
Le 7 avril, je pars en province assister aux obsèques, et en rentrant le soir à la maison, avant d'avoir le temps de me demander quelle nouvelle tuile me tomberait dessus le lendemain, j'ouvre un courrier m'annonçant que mon oncle avait souscrit une assurance-vie pour moi à ma naissance.
Alors bien sûr, avec sa paye d'ouvrier, il n'a pas pu mettre beaucoup chaque mois, mais au bout d'un bon demi millier, ça fini quand même par faire assez pour se racheter une montre (je regardais sur mon téléphone depuis plusieurs semaines), un ordinateur portable (n'ayant pas le full internet au bureau, je squattais à droite à gauche pour consulter ma messagerie et mettre à jour le blog), sortir mon compte bancaire du rouge, prévoir quatre voyages dans d'anciennes colonies britanniques d'ici l'été 2010, faire des travaux d'amélioration à Portsall (ce n'est pas du luxe, il n'y a pas de chauffage, pas de salle de bains, et les toilettes sont à l'extérieur, dans le garage), et pouvoir changer de voiture si besoin (la dernière Alfa vue à Cannes en février m'a bien plu).



Ainsi, je soutiens la consommation, comme le demandent les économistes. Mais pas trop, seulement sur la moitié de la somme : règle de base, ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.
L'autre moitié, je la place, et ce faisant, je remplis aussi mon devoir civique, car je participe à la relance de l'économie hexagonale en ouvrant un P.E.A.
En investissant en grandes valeurs françaises cotées au moment où le CAC40 est à 3000 points, je peux raisonnablement espérer que la Bourse de Paris retrouve d'ici cinq ans son niveau d'il y a juste deux ans, les 6000 points.
Voilà, un miracle a eu lieu ! Sans aller à Lourdes !
Ca ne pouvait pas tomber à un meilleur moment.
Instantanément, je passe du creux de la vague à son sommet ! Début avril, je n'avais plus le moindre fil, début mai, je ferai ce qu'il me plaît.



Finalement, en février, mes enfants avaient eu une prémonition en me prenant en photo sur la Croisette, derrière du carton-pâte : je deviens presque un vrai héros pour eux.

Voir les commentaires

2009-04-27T21:40:00+02:00

En avril, je perds le fil (3/4)

Publié par undetension

PROFESSIONS SOUMISES AUX STATISTIQUES


(la perquisition du 19 mars, suite et fin)

FLICS - PROFS, MEME COMBAT
L'appart est sûrement une planque, tant il est vide de meubles : il n'y a qu'un matelas et une télé dans la chambre, pas de table, pas de chaises, la salle à manger est vide !
Au bout de deux minutes, je remarque une évidente parenté entre le boulot de ces policiers et mon ancien emploi d'enseignant. Comme une révélation ! La démonstration à la puissance dix de ce qui se passe dans le corps d'un prof lorsqu'il quitte une salle de cours. La « preuve » irréfutable qu'eux, les flics, comme nous les enseignants, faisons un sale job, sous haute tension nerveuse, bien qu'aucun signe extérieur ne permette de le déceler. Alors, quel est cet évènement ? Puisque les flics sont rentrés comme dans un moulin, et nous ont calmement invités à rentrer ? Eh, bien les cinq, oui, les cinq ont sorti une cigarette et se sont mis à en tirer de grandes bouffées. Je croyais revoir mes collègues en salle des profs après un cours. Pendant deux heures, nous pouvions parler sans bégayer, répondre à des questions, gérer le tableau, l'ordinateur, le vidéoprojecteur, la lumière, les feutres, notre cours papier, les annexes, les codes, les brochures, les exercices, le public, la clé usb, le tampon effaceur, surmonter les bruits extérieurs, les chuchotements des élèves jusqu'à la dernière seconde, dans la plus parfaite décontraction ! Et puis sitôt quitté la salle de cours, nous « craquions », d'une façon ou d'une autre...
Une imperceptible tension nous faisait tenir, souriants et détendus jusqu'à l'au revoir. Impossible de deviner que nous étions parfois sur batterie de secours, complètement h.s. ! Impossible à deviner de l'extérieur, ni par nous-mêmes !
Pourtant, le cours terminé, on s'écroulait, on délirait, moi, en général,  je cherchais mes clés partout, et un grand trou noir dans ma tête m'empêchait de réfléchir : était-on le matin, l'après-midi ?
Mon entourage se moquait de moi lorsque je racontais cette anecdote, pourtant elle est véridique :
- le soir, dans mon ancien ancien boulot, très administratif, en quittant mon bureau, je prenais l'ascenseur, j'achetais le journal, je commençais à le lire tout en marchant, je descendais au parking, montais dans ma voiture et rentrais.
- le soir, dans mon boulot de prof, a priori ni plus ni moins administratif, en quittant mon bureau, je prenais l'ascenseur, j'achetais le journal, je commençais à le lire tout en marchant, je descendais au parking, et...je devais chercher ma voiture ! Aucune idée de l'endroit où j'avais pu la garer le matin, parfois je n'étais carrément pas au bon niveau de sous-sol !
Mes collègues et moi avons tous eu droit en rentrant chez nous au traditionnel « tu ne dois pas être bien fatigué, tu n'as eu que quatre heures de cours aujourd'hui ». Nous avons tous fait avec, impossible d'expliquer pourquoi une heure de cours n'équivaut pas à une heure de travail de bureau classique. Maintenant que j'ai vu ces policiers chevronnés avoir besoin de décompresser après l'enfoncement de la porte, je suis convaincu qu'ils ne se sentaient pas stressés l'instant d'avant, au moment de rentrer, mais qu'ils l'étaient inconsciemment, et autrement plus violemment qu'un enseignant avant de rentrer dans sa salle-arène.
D'où la cigarette, dès que « c'est fini ». Le gilet pare-balles, le flingue, une perquise, c'est pas une ballade en forêt le dimanche.

Une décompression particulière (des vacances, par exemple) nous est nécessaire : je ne crois pas le psychiatre qui m'a dit récemment que c'était parce qu'ils aimaient fumer et picoler que certains rentraient dans la police, puis fumaient et picolaient. Il y a sûrement quelques cas isolés, il doit y avoir aussi une culture d'entreprise, d'accord, mais à la marge. Non, il y a surtout un besoin de décompression : qu'on ne me dise pas que les jeunes américains partis faire la guerre du Vietnam y allaient pour avoir l'héroïne moins cher.

 
DES GAULOIS ?

Revenons à notre perquisition. Ils interrogent la voisine, ils savent que je ne connais pas l'immeuble. Ils me font marrer lorsque je vois qu'elle n'a pas compris qu'ils lui demandent si les occupants (trafiquants de drogue) ont l'air de français : « c'étaient des gaulois ? », le flic est obligé, comme disent les profs, de reformuler, « euh, ils avaient l'air français ? Ou alors de blacks ? », elle répond « non », alors il enchaîne « peut-être maghrébins alors ? », elle opine cette fois.
Les autres policiers mettent un verre pouvant comporter des empreintes digitales sous scellé, puis épluchent des tas de papier, des c.d., et se lancent dans la rédaction du procès-verbal : le fameux truc que les deux témoins doivent signer sur la dernière page, et qui explique que l'affaire ne se terminera qu'à la nuit. Entre temps, un serrurier a réparé la porte d'entrée endommagée, et j'ai questionné les flics sur la qualité des séries télévisées policières : invraisemblable au point qu'aucun n'accroche à aucune série, ni américaine ni française (palme de la débilité aux Experts, selon eux). "Et au cinéma, pas mieux ?" Unanimement : "Non". J'insiste : "pas non plus Scènes de crimes d'Olivier Schoendoerffer ?" Ils lâchent "Ah, si, pas mal du tout, sauf la fin".



Bon, ben, j'ai appris des choses, mais perdu mon après-midi : je me suis enrichi... intellectuellement...Insuffisant

Voir les commentaires

2009-04-27T20:17:00+02:00

Etat moderne, ou dépassé ?

Publié par undetension

Dans une tribune libre récente au Monde, un philosophe s'interroge sur "L'Etat français, dernier refuge de la culture du résultat".
Selon lui, "les mécanismes qui ont précipité la crise financière sont aujourd'hui connus. Quant aux pratiques qui en sont la cause, nul ne se risque plus à les imputer aux errements de quelques banquiers irresponsables.
On sait qu'elles relèvent d'une culture dont les marchés financiers constituent l'élément moteur et qui a imposé aux entreprises un mode de gouvernance davantage axé sur la majoration de leur valeur actionnariale à court terme que sur l'optimisation pérenne de leur profitabilité."(...)
Pour Michel Feher, le cœur de ce système repose sur l'obligation de résultat : "Pour se maintenir, un pareil régime mise à la fois sur l'allégeance de ses exécutants et sur la mise à l'écart des "lanceurs d'alerte" (...), ce qui implique "la marginalisation des points de vue susceptibles de mettre en cause la pertinence économique, sociale et environnementale des chiffres censés témoigner de l'efficacité d'une entreprise ou du travail de ses employés".
La crise actuelle du système fait peser un fort discrédit sur la culture du résultat, mais cette dernière résiste, et "les lieux où elle demeure à l'oeuvre ne sont pas toujours ceux que l'on imaginerait les plus propices à son implantation".



Le philosophe désigne clairement ces lieux, et la surprise est de taille :
"Tel est en particulier le cas de l'Etat français, depuis que Nicolas Sarkozy s'est promis de rompre avec l'"inefficacité" de ses prédécesseurs.
 La "politique du chiffre" est en effet la marque de fabrique du pouvoir actuel, et pas seulement en matière d'immigration".
(...)
Chiffres qu'"il importe que ce qu'ils désignent ne fasse jamais l'objet d'évaluations indépendantes". (...)
De même, nul examen ne viendra éprouver l'efficacité des réformes censément conçues pour améliorer les performances de la recherche universitaire, des hôpitaux ou de la justice. Car "cultiver" le résultat, c'est tout à la fois le numériser, l'exhiber et l'abstraire de ces implications concrètes.

Enfin, l'autoritarisme distinctif de la présidence de Nicolas Sarkozy participe lui aussi d'un mode de gouvernement dont le souci majeur est la conjuration du discrédit de ceux qui le mettent en oeuvre. Un président qui compte sur les hauts rendements imposés à ses subordonnés pour accréditer le pouvoir de sa volonté sera en effet enclin à qualifier d'outrages les critiques qui, exposant la vacuité des chiffres affichés, sont susceptibles d'affecter négativement la valeur de son "titre".

En dépit du désastre économique et social auquel elle a conduit, la culture du résultat continue donc d'être à la fois exaltée par le locataire de l'Elysée et appliquée par les ministres et les préfets qui travaillent sous ses ordres. Bien plus, Nicolas Sarkozy n'hésite pas à présenter son renforcement au sein de la fonction publique comme un remède aux maux qu'elle a provoqués dans le secteur privé.

L'Etat français, dernier bastion des golden boys ? Le paradoxe serait cocasse si la récente adhésion du président de la République au "retour de l'Etat" ne laissait craindre une extension inédite des ravages causés par la culture du résultat."


Michel Feher

 

Voir les commentaires

2009-04-26T21:03:00+02:00

l'effet Luc Besson ?

Publié par undetension



Les statistiques sont formelles :

- Plus grand succès d'un film français à l'étranger de tous les temps,
- Meilleur démarrage jamais réalisé par un film français sur le territoire américain,


Au box office mondial Taken a recolté 210 000 000 $ (budget 19 000 000 $)
1 000 000 d'entrées en France l'an dernier !
Quoi ? Cette série B qui ferait passer « Ne le dis à personne » pour un chef d'œuvre ?
Il est incompréhensible qu'un tel navet soit grimpé aussi haut dans la table des records. Mes enfants voulaient voir le film l'an dernier, j'étais donc allé. Un an après, il n'en reste rien dans ma mémoire, si ce n'est cette question : comment oser faire un aussi mauvais film, aux relents fascisants ? On pouvait penser l'époque du déplorable justicier dans la ville (Bronson, 1974) révolue : eh bien non. Puant.
Mieux vaut revoir Liam Neeson dans « Faute de preuve », une histoire puante, mais le film cette fois-ci, lui, ne l'est pas, il est brillant.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon Blogger Template | Gift Idea - Hébergé par Overblog