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2016-08-31T05:10:59+02:00

réflexions sur la place de la Grande-Bretagne dans l'Europe (1/2)

Publié par undetension
réflexions sur la place de la Grande-Bretagne dans l'Europe (1/2)

Brexit: amis anglais, merci pour votre sacrifice !

 

"Amis Anglais et Gallois, merci, du fond du cœur. Vous avez su résister à tous les arguments, des plus rationnels aux plus apocalyptiques, de ceux qui militaient pour le remain. Vous avez choisi d’ignorer les risques d’explosion de votre glorieux pays, les Écossais et les Irlandais du nord, deux des quatre nations de ce qui reste de votre Empire, ayant massivement -et honteusement- voté en faveur de l’Union. Vous avez pris le risque de diviser pour longtemps votre société entre, d’une part, jeunes, diplômés et urbains, massivement «remain», et, d’autre part, vieux, peu diplômés et ruraux, massivement «leave», une fracture sociale pour longtemps béante. Un vote d’un courage inouï puisqu’il a politiquement dévasté et va économiquement affaiblir votre pays, ce dont l’Europe ne peut que vous être reconnaissante.

Car il manifeste votre sens du sacrifice dont le continent a bénéficié à plusieurs reprises, lorsque vous l’avez sauvé des griffes de Napoléon, puis de l’hégémonisme allemand (à deux reprises). Vous avez enfin compris que la place de votre île n’était pas au sein de l’Union. Bien que vous ayez un grand pied en dehors (budget, euro, Schengen, politique de sécurité et d’immigration, union bancaire, etc.), votre seule présence suffit à bloquer toute tentative d’intégration supplémentaire, non seulement par peur de vous déplaire, mais parce qu’il fallait à chaque fois imaginer une usine à gaz supplémentaire pour que vous conserviez votre « statut spécial ». Résultat : les réformes de l’Union ont toujours abouti, à cause de vous, à la rendre de plus en plus illisible aux yeux des citoyens et donc à les en éloigner. En dépit de tous nos efforts, vous continuiez à trouver cette Europe ultra-réglementaire et dirigiste, alors que la majorité des Européens la trouvent bien trop libérale : nous n’avons pas eu la chance de connaître Margaret Thatcher et nous sommes restés, globalement, attachés à l’État providence, à l’interventionnisme étatique, au marché régulé, toutes choses qui vous font horreur. Aussi, nous avons du accepter d’affadir le projet des pères fondateurs et pratiquer une politique du moyen terme qui, au final, déplait à tout le monde: l’Europe a réussi l’exploit d’inventer l’ultralibéralisme réglementaire !

Vous avez assisté aux chocs qui ont secoué l’Union depuis 2008 et vous avez compris que l’Union risquait de mourir sous le poids de ses contradictions, de ses paralysies, de ses compromis et de la médiocrité de ses dirigeants nationaux qui alimentent un scepticisme de plus en plus fort à l’égard d’un projet européen rendu responsable de toutes les difficultés nationales. Vous avez donc décidé de nous donner un grand coup de pied au derrière : si le choc du départ de l’un des quatre grands pays de l’Union ne nous réveille pas, si nous ne mobilisons pas pour relancer une construction qui a assuré la paix sur le continent depuis 70 ans, c’est que vraiment nous méritons de disparaître. Votre sursaut churchillien restera dans l’histoire ! Car vous savez ce qui vous attend : après la Seconde Guerre mondiale, vous vous êtes enfoncé dans la dépression économique au point que le FMI a dû voler à votre secours, comme une vulgaire Grèce. Votre PIB, lors de votre adhésion en 1973, était l’un des plus bas de la CEE, et c’est pour cela que vous avez rejoint un projet qui vous répugnait. Si Churchill était pour les États-Unis d’Europe, c’était évidemment avec un Royaume-Uni qui en serait la puissance tutélaire et non un simple membre, pas plus important que la France !

Je suis impressionné, comme toujours, par votre sens du sacrifice et de l’intérêt collectif. Quand je pense à ce qui vous attend, tant pour couper les liens entre vous et nous (200 accords commerciaux signés en votre nom par l’Union que vous allez devoir renégocier, 80000 pages de lois communautaires qu’il va falloir trier pour éviter les vides juridiques, les opérations en euros qui vont partir pour le vieux continent) que pour essayer de conserver un accès au marché unique, notamment pour vos banques et vos services financiers, je ne peux que saluer votre courage ! Ce sont des années d’incertitudes, de tourmentes, de déchirements qui vous attendent. Chapeau bas, messieurs les Anglais ! Espérons que nous saurons nous montrer dignes de votre sacrifice. En tous les cas, good luck pour votre aventure solitaire".

 

article de J. Quatremer, journaliste, paru dans Libération du 24-06-2016

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2016-08-28T05:58:00+02:00

mini-jupe, maxi talent

Publié par undetension

On ne présente plus Yuja Wang, l'un des rares ressortissants chinois à réussir à nous faire oublier que son pays est une dictature. Dans Rachmaninov, elle se hisse presque à la hauteur de l'insurpassable Horowitz, que ce soit dans la sonate...

le deuxième, ou le troisième concerto, deux sommets de la difficulté technique du piano.

Très agréable à regarder, oups, lapsus, pardon, très agréable à écouter...

Dernière preuve avec cette petite sucrerie : la marche turque de Mozart revue et corrigée façon mix de jazz et de Tex Avery

Pour compléter la "garde-robe", on admirera pour finir l'incroyable vélocité de ses mains dans Le vol du bourdon de Rimsky-Korsakov.

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2016-08-27T05:22:17+02:00

dernière prophétie

Publié par undetension
dernière prophétie

Rocard, le socialo le moins tocard (12/13 & 13/13) :


La différence avec Mitterrand, c’est que François Hollande est un honnête homme, ce que caractériellement Mitterrand n’était pas. Il est quand même plus sympathique. Mais il a ceci de commun avec Mitterrand que c’est un homme de la culture de l’instant.

 07-04-2016 (en haut, « une » du  13-05-1988, en bas du 25-02-1993)

dernière prophétie

Le drame se situe au coeur de la gauche et dans sa division. Le risque est élevé que la gauche soit absente du deuxième tour de la présidentielle l’année prochaine car la gauche, toute la gauche, n’est pas à la hauteur de sa mission réformatrice. Pourtant, on perçoit une clameur populaire inhabituelle qui valide certaines personnalités : l’efficacité de Bernard Cazeneuve, l’audace d’Emmanuel Macron ou la fermeté de Manuel Valls, qui, sur le plan de l’autorité de l’Etat, incarne quelque chose que le président de la République n’a pas complètement choisi d’incarner. On l’a vu avec Léon Blum ou Pierre Mendès France, la gauche fait rêver quand elle a de grands personnages qui se hissent à la hauteur de circonstances dramatiques pour faire avancer la cause du camp réformateur.
Jaurès fut le premier socialiste non marxiste et non jacobin à ne pas avoir dit de bêtises sur le capitalisme et à rechercher partout les moyens de la négociation sociale. Il était dans l’intuition de ce qui allait devenir la « deuxième gauche ».
Un siècle plus tard, la frustration de la gauche sociale-démocrate perdure parce que la récusation des restes administratifs du marxisme n’est pas finie. La crise que traverse aujourd’hui la gauche française, c’est le prix de notre histoire.

07-04-2016

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