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2011-10-31T09:01:00+01:00

la crise n'est pas essentiellement financière : c'est beaucoup plus grave que ça

Publié par undetension

Une civilisation en crise

 

 

"L'actualité de ces derniers mois a été très riche : outre les "révolutions arabes", il y eut Fukushima, la dette des Etats, l'"affaire DSK"... On traite en général de ces trois derniers faits séparément. Notre pari sera de tenter de les penser ensemble comme des symptômes de notre temps. Autrement dit, bien décryptés, ils seraient susceptibles de dire certaines vérités de notre époque. Quelle vérité ? Celle d'un monde en profonde crise.

En effet, la civilisation occidentale, entraînant avec elle le reste du monde, est emportée par un nouveau démon où se mélangent en proportions diverses l'ultra et le néolibéralisme. Ce diagnostic, partagé, est cependant un peu trompeur : il porte à croire que la crise est d'abord économique et financière.

De sorte que, pour la résoudre, on aurait avant tout besoin de la science des économistes. On aurait tort de le croire.

Pour plusieurs raisons.

La première est triviale : la science des économistes est au moins aussi versatile que celle du marc de café.

La seconde est plus sérieuse : nous ne vivons pas seulement une crise économique et financière, mais aussi politique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle... Ce sont les fondements sur lesquels repose notre civilisation qui sont atteints.

 

D'où vient donc cette courte vue qui pousse à croire que les remèdes à la crise sont économiques ? D'une illusion d'optique dont il serait temps de nous dépendre. Cette illusion émane des théories ultra et néolibérales elles-mêmes qui prennent l'économie marchande et financière pour référence unique.

Du coup, ce sont les autres grandes économies humaines qui sont oubliées, avant d'être mises au pas : les économies politique, symbolique, sémiotique et psychique.

Nous vivons en quelque sorte dans un nouveau totalitarisme sans le savoir, découlant de l'impérialisme théorique de l'économisme néo et ultralibéral faisant l'impasse sur tous les autres secteurs où les hommes échangent entre eux : qu'il s'agisse

des règles pour gouverner la cité,

des valeurs dont ils tirent des principes,

des discours porteurs de signes à la recherche du sens,

des intensités et des flux pulsionnels mis en jeu.

 

Dans la pensée libérale, en effet, la société des hommes, dans sa richesse et sa diversité, n'apparaît plus que comme une auxiliaire du marché. (…) Au lieu que l'économie soit encastrée dans les relations sociales, ce sont les relations sociales qui sont déstructurées et restructurées afin d'être réencastrées de force dans le système économique. Bref, le marché oublie que les relations marchandes n'ont de sens qu'à s'intégrer dans des rapports plus vastes où les hommes échangent non seulement des produits manufacturés, mais aussi et surtout des formes symboliques, morales, juridiques, linguistiques, esthétiques, psychiques dont l'échange les constitue comme sujets.

La simple "économie économique" oublie que chacune de ces autres grandes économies humaines possède ses lois propres et qu'aucune n'est réductible à la loi de l'économie marchande, le gain, résultant de l'égoïsme des acteurs, en vue d'un accroissement infini des richesses censé profiter à tous.

S'il est un symptôme révélant cette réduction de toutes les activités humaines au marché, c'est l'obsession contemporaine pour des indicateurs statistiques comme le PIB ou le PNB, même si quelques économistes, de préférence non occidentaux (comme Amartya Sen), luttent pour que d'autres indicateurs relatifs à ces autres grandes économies humaines soient pris en compte.

 

On commence à comprendre comment cette grande transformation a été mise en oeuvre. En effet, si ces économies sont différentes, elles n'en sont pas moins articulées entre elles. Autrement dit, si un changement survient dans l'une, il se produit des effets dans les autres. Ainsi, des changements dans l'économie marchande (la dérégulation en vue de maximiser le gain) entraînent des effets dans l'économie politique (l'obsolescence du gouvernement, le déni de son rôle interventionniste et l'apparition, à leur place, de la "gouvernance"). Ce qui, à son tour, provoque des mutations dans l'économie symbolique (la disparition de l'autorité du pacte républicain et l'apparition de "troupeaux" de consommateurs où chacun est attrapé par des objets manufacturés ou des services marchands qui lui promettent la satisfaction pulsionnelle).

De même, surgissent alors des transformations profondes dans l'économie sémiotique (la désuétude de la recherche de la vérité par le jeu de la pensée critique au profit de la recherche permanente de coups discursifs gagnants). Cette réaction en chaîne peut enfin produire des effets considérables dans une économie a priori à l'abri parce que bien enfouie en chacun, l'économie psychique.

C'est en effet le sujet moderne caractérisé, outre sa dimension critique (qui le rend apte, selon Kant, à penser par lui-même), par la dimension névrotique (résultant, selon Freud, de la culpabilité) qui disparaît. Il est remplacé par un autre sujet, naviguant dans une autre région psychique qu'on peut représenter par un triangle dont les trois pointes seraient constituées

- de l'instrumentalisation de l'autre, caractéristique de la perversion,

- de la recherche effrénée de la satisfaction pulsionnelle jusqu'à l'addiction aux objets

- et de la dépression comme ultime refuge.

 

(...) Ce sont non seulement les autres grandes économies humaines que l'économie ultra et néolibérale altère, mais aussi l'économie du vivant. Il existe en effet, comme Fukushima le montre, une contradiction majeure entre le fantasme de la richesse infinie et le réel caractérisé par la limite et la finitude des ressources offertes par la terre. La nature n'est-elle pas en train d'émettre d'inquiétants symptômes de dérèglement et d'épuisement ?

 

Pourtant, la civilisation occidentale dispose de ressources exceptionnelles. Sa spécificité, nous semble-t-il, c'est d'avoir su viser, au travers de nombreuses vicissitudes, la réalisation de l'individu. Il faut reprendre ce projet abandonné, car notre époque, contrairement à l'opinion courante, n'est pas à l'individualisme, mais à l'égoïsme. De sorte qu'on se trouve dans une troisième impasse historique en un siècle. (...)

- après l'impasse du fascisme qui a fait disparaître l'individu dans les foules fanatisées

- et après celle du communisme qui a interdit à l'individu de parler tout en le collectivisant,

- est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduit l'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets - n'est-ce pas un symptôme parfait de notre temps que l'économiste en chef de la plus grande institution monétaire internationale, Dominique Strauss-Kahn, ait fait preuve d'un sérieux dérèglement pulsionnel jusqu'au point de se faire prendre en flagrant délit ?

 

Il faut relancer le projet philosophique occidental, car l'individu n'a jamais encore véritablement existé, pas plus aujourd'hui qu'hier. Plusieurs fois déjà, la civilisation occidentale a su se sortir d'impasses historiques tragiques en se réinventant un avenir possible visant la pleine réalisation de l'individu. (...)

 

Plus loin de nous, il faut se souvenir que la civilisation occidentale a su se sortir de dogmes obscurs en inventant l'esprit de ce qu'on allait connaître ensuite sous le nom de Renaissance. Esprit de l'humanisme qui s'est mis à souffler à Florence (...). Ne pourrait-on mettre à profit la campagne présidentielle qui s'ouvre pour (re)commencer à penser à un avenir possible ?"

 

Dany-Robert Dufour, philosophe

 

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Article publié dans Le Monde du 29-10-11

 

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2011-10-29T22:15:00+02:00

dans le top, 50

Publié par undetension

Le trio opus 50 de Tchaïkovsky, d'une longueur inhabituelle pour cette formation (piano, violon et violoncelle) en dépassant les trois quarts d'heure, a besoin d'interprètes inspirés, n'ignorant rien de l'âme slave.

L'u des meilleurs guides dans cette musique qui n'a plus rien "de chambre" est Kissin, entouré de deux autres immenses artistes, Bell et Maisky.

 

 

 

 

Tous nés dans l'empire russe et émigés aux Etats-Unis, Rubinstein, Heifetz et Piatigorsky ont formé dans les années 50 un trio de légende. Leurs egos de solistes adulés mis de côté, ils ont livré au disque une interprétation inoubliable, sans doute aiguillonnée par la nostalgie de leur lointaine patrie.

 

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2011-10-28T10:33:00+02:00

été indien en Bourgogne

Publié par undetension

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Quelle chance : à chaque fois que je vais à Nevers, il fait beau. Là, c'est carrément surréaliste : nous sommes à moins de huit jours de la Toussaint, et il a fait près de 20 degrés toute la semaine !

 

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Les sternes de la Loire en profitent. Ca me rappelle presque l'océan indien !

 

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En prime tous les matins, des levers de soleil à se croire (avec un peu d'imagination) aux Seychelles !

 

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2011-10-24T12:15:00+02:00

la totale : avocat, riche, juge, et partie

Publié par undetension

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Est-ce de la (t)riche ? On n'en saura jamais rien, en tout cas les sommes folles évoquées dans le cadre de l'affaire Bettencourt continuent de donner le tournis. L'avocat qui devait la "protéger", M. Wilhelm ? Rémunéré 200 000€ par mois !

La justice a dit non, pas lui, forcément juge et partie, conflit d'intérêts puisqu'il compte dans ses clients Stéphane Courbit, dont l'une de ses sociétés a reçu de Liliane 143 000 000€ d'investissement !


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