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2011-03-31T07:52:00+02:00

visages dévoilés de femmes en burqa

Publié par undetension

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Un vrai coup de bol : dans le gigantesque centre commercial Dubaï Mall, la semaine dernière, je prenais quelques photos un peu au hasard. Et d'autres sur la terrasse, un peu plus tard, face à la grande tour.

 

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Subitement hier, en regardant toutes ces photos à la suite, je me suis rendu compte qu'une famille aperçue dans le centre avec burqa pour les femmes, s'était faite prendre en photo un peu plus tard devant Burj Khalifa, et ô surprise ces femmes avaient découvert leur visage ! D'où l'intérêt d'habiller un enfant en vert, sinon, impossible de reconnaître qui que ce soit.

 

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2011-03-30T12:51:00+02:00

les stratégies matrimoniales et patrimoniales des nobles, sur fond de guerres de religion

Publié par undetension

 

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Le vol retour s'effectuant de nuit, un seul film visionné, très bon.

Magnifique portrait de femme, que cette Princesse de Montpensier. Du haut de son mètre cinquante huit, Mélanie Thierry s’impose avec maestria dans ce rôle exigeant de forte tête, bien pleine et bien faite. Le reste de la distribution est tout aussi convaincant, avec une mention particulière pour Lambert Wilson.

Le prix du film réside moins dans le César des meilleurs costumes et le beau livre d’images, assez anecdotiques, que dans l’écriture des dialogues, volontairement assez intemporels, qui réussit à rendre toute la folie dont les hommes sont capables : ambitieux, querelleurs, secrets, prêts à en venir aux mains pour une femme, à commettre un génocide pour des querelles religieuses, à sacrifier le bonheur de leurs enfants, à renier leurs idéaux de jeunesse pour rentrer dans le moule…Moule dans lequel rentrera à reculons la belle Princesse.

 

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Particulièrement bien rendues, les scènes où le poids social étouffe la jeunesse, comme lors de cette discussion entre deux pères arrangeant dans leur seul intérêt le mariage de leurs enfants, et celle de la nuit de noces « publique » : le premier accouplement est clairement désigné comme le premier viol légal. Le drap taché de sang est exhibé en signe de perte de la virginité de la femme.

Ne souriez pas trop en disant que c’est le Moye-âge, et donc de l’histoire ancienne aujourd’hui, les quatre cinquièmes des jeunes terriens aujourd’hui ne choisissent pas librement leur futur conjoint. A commencer par ceux de Dubaï.

Et quant à la représentation de l’accouplement qu’ont encore certaines mères aujourd’hui, y compris en France, on en trouve encore qui présentent cela à leur fille adolescente comme un mauvais moment à passer, pendant lequel le mieux est de fermer les yeux.

Dans son film, Tavernier montre sans ambiguité que la Montpensier, toute Princesse qu'elle est, « passe à la casserole ». Le plaisir, ce sera ou pour plus tard, ou solitaire, ou...jamais.

Car ça aussi c'est toujours d'actualité, y'a encore plein de mecs qui, pour des raisons diverses, ne sont pas fichus de rapprocher leur soi disant princesse de l'extase.

 

Curieusement, ce réalisateur pourtant féru d’histoire, ne retrouve pas ici la magie de son premier essai « historique », le grandiose Que la fête commence (1975)*. C’est toutefois plus convaincant que l’aride La passion Béatrice (1987) ou l’anecdotique La fille de D’Artagnan (1994).

 

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*pour la petite histoire, plusieurs scènes ont été tournées à Portsall.

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2011-03-30T12:23:00+02:00

Comment n'avaient-ils pas prévu ?

Publié par undetension

Le capital confiance des gouvernants auprès des gouvernés diminue

  

 

Nous l'avons appris, engagement a été pris d'organiser un audit sur la sécurité des centrales nucléaires en Europe. On est heureux de l'apprendre, quoiqu'un peu surpris - on nous avait tellement répété qu'elles étaient sûres ! Fukushima ne peut, à la manière de Tchernobyl, être associé à une société arriérée. Ni d'ailleurs à un concours de circonstances imprévisibles - tsunami est un mot japonais. Et la question qui se pose aussi à propos du crash financier de 2007 ou de la marée noire que le golfe du Mexique doit à BP est : "Comment n'avaient-ils pas prévu ?"

Les catastrophes de grande ampleur ne sont pas nouvelles mais, dans les années à venir, celles qui susciteront une telle question risquent bien de se multiplier. Et, chaque fois, on jurera au public inquiet que la leçon a été comprise. Comme l'expliquait Walter Lippmann avec la lucidité cynique propre à "ceux qui savent", lorsque le "public fantôme" se matérialise, inquiet, demandant des comptes, il appartient aux gouvernants de donner les signes qui rassurent - la question est entendue et traitée, en l'occurrence, on va faire un audit - afin que ce public puisse retrouver la quiétude à laquelle il aspire.

La perspective qui, cependant, pourrait angoisser aujourd'hui nos gouvernants est celle d'un épuisement du capital confiance dont ils disposent et usent ce faisant. Et ce d'autant plus que la distance entre eux-mêmes et ce public n'est pas si grande - ils se posent également la question : "Comment n'avaient-ils pas prévu ?", avec cette différence qu'ils savent, eux, qu'il faut serrer les dents, maintenir le cap. Et ils le savent d'autant mieux qu'ils ont cédé aux entrepreneurs privés les moyens qu'il faudrait utiliser pour changer ce cap. La seule boussole qui définisse désormais l'avenir, c'est maintenir ou accroître la compétitivité qui permettra à chacun d'être dans le peloton des pays qui gagnent (tant pis pour les autres, qu'il y ait des perdants fait partie de la course). Ils sont donc contraints de se fier à ceux qui n'ont aucun intérêt à se montrer dignes de cette confiance.

De ce point de vue, on sous-estime parfois ce que signifie le déchaînement de la logique capitaliste que l'on appelle néolibéralisme. La nouvelle donne, la nouvelle configuration de ce que les Etats laissent faire au privé, et de ce que celui-ci fait faire à l'Etat (dérégulation, imposition des droits de propriété intellectuelle, politiques dites actives de l'emploi, etc.), demande à nos responsables d'accepter des mots d'ordre qui impliquent une forme d'anesthésie héroïque - ils ont le courage de faire ce qui doit être fait.

Chacun, désormais, est soumis à l'impératif de ne pas penser, y compris ceux qui travaillent en industrie, forcés de faire ce qu'ils savent être du mauvais travail, aveugle aux conséquences, afin de satisfaire des actionnaires pour qui le seul bon signal est la diminution des coûts de production - Tepco avait, ai-je lu, su "rationaliser" de tels coûts afin de "sécuriser les profits". Quant aux experts, malheur à eux si leurs inquiétudes étaient susceptibles de donner raison aux alarmistes : ils auraient trahi leur rôle assigné, qui est de collaborer de manière constructive à la mobilisation pour l'innovation, et donc le progrès.

Forage en eaux profondes, spéculation financière, centrales nucléaires, dans tous ces cas le premier quidam venu aurait dit que l'on joue avec le feu, qu'il s'agit de faire attention. Mais faire attention demande le contraire de l'anesthésie : le courage de l'imagination, la capacité d'envisager le possible improbable. Dans le monde tel qu'il va, non seulement on jouera de plus en plus avec le feu, mais sur un mode qui voue à faire du "comment n'avaient-ils pas prévu ?", une triste rengaine.

Il est dangereux de miser sur le caractère pédagogique des catastrophes car l'indignation (tous pourris !) nourrit plutôt les partis d'ultra-droite qui fleurissent en Europe. Mais quelles dynamiques pourraient transformer la rage de l'impuissance en processus de réappropriation de ce dont nous avons été séparés, de la capacité de nous mêler de questions qui nous concernent ? De telles dynamiques peuvent, et devraient, être engagées partout.

Ainsi, il me semble crucial de s'appuyer sur le caractère prévisible de la catastrophe de Fukushima pour exiger que les groupes qui contestent l'énergie nucléaire fassent partie des audits de sécurité, avec la capacité d'en faire des enquêtes sans concession. Au lieu de signes rassurants, ce qui serait produit pourrait alors avoir des conséquences, ouvrir l'appétit pour d'autres enquêtes qui irriguent le paysage dévasté de nos imaginations.

 

Isabelle Stengers, philosophe

 

Article paru dans Le Monde du 26-03-11

 

 

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Parce que sinon, comme disait le philosophe Burke :

le mal triomphe par l'inaction des gens de bien

 

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2011-03-30T11:34:00+02:00

détours par l'Italie et l'Australie

Publié par undetension

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Une fois avalé le plateau repas, il faut bien meubler les sept heures de trajet entre Paris et Dubaï.

 

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Grâce au petit écran individuel et à un grand choix de vidéos, on peut visionner des films récents.

 

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The American, malgré la présence de G. Clooney, impeccable au demeurant, mérite l’oubli dans lequel il est tombé dès sa sortie. En montrant à quel point un tueur professionnel est seul et passe le plus clair de son temps à se cacher et s’ennuyer, le spectateur se sent lui aussi vite seul et s’ennuie ferme.

 

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Insolite, on peut aussi voir des films qui ne sont pas encore sortis en France ! Et là, une grande révélation australienne, avec Animal kingdom. L’histoire de cette famille de petits malfrats d’apparence tranquille, qui se met à surenchérir sur les violences policières dont ils font l’objet, est prenante. Au fil du temps, la véritable personnalité de chaque protagoniste, la mère, ses fils, le cousin recueilli se dévoile, et ce n’est pas beau à voir : au début de l’histoire, on n’imagine pas à quel point ces marginaux possèdent en eux une terrifiante dose de cruauté, tant on ne voit d’abord que la fraternité, la solidarité familiale, la génerosité d’un foyer accueillant. Sobre et impressionnant : une révélation absolue.

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