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2010-09-30T07:39:00+02:00

Le point de vue des perdants

Publié par undetension

penn poursuite

 

Le cinéma américain vient de perdre l’un de ses plus grands réalisateurs. Célèbre grâce à Bonnie and Clyde, Arthur Penn a basé l’essentiel de son œuvre sur la description des comportements des malchanceux. Attention, il ne s’agit pas de marginaux ou de loosers, juste de personnes destinées (prédestinées ?) à se retrouver du mauvais côté de la barrière : être aveugle-sourd-muet dans une famille assez renfermée, être indien et pas cow-boy pendant la conquête de l’ouest, être voleur et pas policier, ouvrier métallo et pas chef d’entreprise. On voit comment les petits sont écrasés par les gros, et partout le triomphe de façade du W.A.S.P. raciste et violent.

Vous l’avez compris, Penn était plutôt un cinéaste de gauche, prompt à défendre la veuve et l’orphelin, mais ce n’est pas ce qu’il faut retenir de ses films, extrêmement toniques, fins, émouvants, parfois romantiques, et peuplés d’acteurs merveilleux (Paul Newman, Anne Bancroft, Marlon Brando, Paul Newman, Dustin Hoffman, Robert Redford, Jane Fonda, et bien sûr Faye Dunaway et Warren Beatty).

Pessimiste, Penn ? Assez sombre en tout cas, mais si ses héros ne peuvent s’élever socialement, rien ne les empêche de vivre pleinement l’amour et l’amitié. Rejetés par le système (ou le rejetant volontairement), perturbés par des parents insupportables, ne pouvant compter sur l’intervention providentielle du Saint-Esprit, ils ne trouveront l’épanouissement qu’en se remuant, en créant un petit monde n’appartenant qu’à eux ; une sorte de bulle, à l’intérieur de laquelle ils se protégeront de la société, perçue comme hostile.

 

Vivons heureux, vibrons cachés ? 

 

penn georgia 

 

A revoir en priorité, Georgia, grande fresque suivant sur plusieurs décennies le destin, aux Etats-Unis, de quatre amis d'enfance issus de la deuxième génération d'immigrés venant d'Europe : ou comment le rêve américain se fracasse. Film méconnu, car sans doute d'une désillusion trop grande sur la vie.

 

penn little big man

 

Indispensable à toute bonne vidéothèque, un classique de l'anti-western : Little Big Man, et un dupont lajoie yankee, La poursuite impitoyable, portrait sans concession de la bêtise et de la méchanceté de la petite bourgeoisie de province (titre original : the Chase). A ranger à côté des Claude Chabrol, qui vient de disparaître également.

Mais franchement, il n'y a pas grand chose à jeter, à part ses dernières réalisations. 

 

 

penn poursuite impitoyable

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2010-09-29T14:48:00+02:00

Depuis quand la corruption existe-t-elle en Amérique ?

Publié par undetension

Depuis que Tony Montana a débarqué sans le sou à Miami, il y a trente ans, et graissé quelques pattes de l’establishment dès qu’il a eu un peu de money ? Un historien,  Arno J. Mayer, nous rappelle que non : les dés sont pipés depuis…

…toujours.

"La corruption est un concept lesté d'une forte charge polémique, qui prend toute son ampleur rhétorique dans les guerres de pouvoir. Instrument de mobilisation des foules, indifférente au bien commun, elle sert avant tout à dénigrer des élus ou à évincer des rivaux politiques. Elle relève de la psychologie des masses et sa signification peut changer d'une civilisation, d'un siècle et d'un pays à l'autre.

Pour en formuler une critique pertinente, il ne suffit pas d'appréhender la corruption dans le contexte de la politique, car elle touche aussi bien à l'économie, à la finance, à l'église, au sport, aux arts, à l'éducation et aux relations sociales. Ici, politique et société sont étroitement imbriquées. Puisque la corruption affecte aussi bien la sphère politique que la société civile, le problème ne tient pas tant à la corruption en soi qu'à ses proportions, à sa virulence et à sa banalisation. Les tentatives pour lui faire barrage sont diverses et variées, qu'il s'agisse simplement de la contenir, ou bien de l'éradiquer à tout jamais. (…)

La corruption ne prévaut pas de la même façon en tout temps et en tous lieux. Dans les périodes de mutation économique et sociale, quand les structures étatiques et juridiques sont balbutiantes et que les moeurs se relâchent (comme aux Etats-Unis entre 1865 et 1890, dans les nouveaux Etats post-coloniaux du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, ou dans les anciens pays du bloc soviétique après 1989), la corruption gagne du terrain et s'affiche de façon éhontée, comme une aubaine pour les suborneurs et les subornés. Les petites magouilles ouvrent la voie à la grande corruption.

 

A l'époque où la frontière des Etats-Unis se déplaçait vers l'Ouest, et en particulier à partir de la guerre de Sécession, l'Amérique s'est spécialisée dans la corruption. Barons voleurs et capitaines d'industrie, rétrospectivement salués comme les fondateurs du capitalisme moderne, ont adossé leurs empires à la corruption massive de l'Etat (local et fédéral). Profitant du laxisme ambiant, leurs pratiques frauduleuses ont dégénéré en foires d'empoigne autour du tracé des chemins de fer, des concessions publiques pour l'exploitation du bois, du minerai et du pétrole, et des exonérations d'impôts et des réglementations commerciales avantageuses. Pour parvenir à leurs fins, les Cooke, Gould, Rockefeller, Huntington, Stanford, Frick et Carnegie n'ont pas lésiné sur les pots-de-vin. Ils ont soudoyé des sénateurs et représentants de l'un et l'autre parti, faussé les scrutins, acheté les médias et tourné la tête des intellectuels.

Certains de ces nouveaux magnats, dans l'espoir d'alléger d'autant les enveloppes, se sont présentés à des postes publics, en brandissant leurs chéquiers pour accaparer le pouvoir politique. Au lieu de se mener la guerre sous les yeux ébaubis d'un Etat impuissant, les géants industriels ont trouvé intérêt à se regrouper en lobbies et à fusionner. A la fin des années 1870, ses obscures manoeuvres destinées à gonfler la Standard Oil vont faire de John D. Rockefeller un illustre hors-la-loi. Plus tard, soucieux de redorer son blason, le magnat du pétrole choisit de faire don d'une partie de sa fortune douteuse à des oeuvres de bienfaisance, ce qui lui vaudra cette saillie de Mark Twain : "Les bonnes oeuvres rachètent les mauvaises consciences."

Au XXe siècle, alors que l'Amérique s'impose comme une puissance incontestée, la corruption atteint son apogée. Dépourvu de la structure fortement centralisée de l'empire romain ou des empires européens, l'empire américain distendu engendre un complexe militaro-industriel qui engloutit des fonds publics dans des contrats militaires colossaux, dont l'histoire a montré qu'ils se prêtaient particulièrement au copinage et aux manigances. Le déploiement de ce système tentaculaire de défense, qui peut compter sur des bases militaires et des alliés subalternes dans le monde entier, accompagne la mainmise de l'Amérique sur les matières premières, impliquant des contrats aussi lucratifs que corruptibles. Cette emprise mondiale est intensifiée par la prédominance américaine dans l'aéronautique, les télécommunications, l'industrie pharmaceutique et l'informatique, qui appellent au commerce de brevet et au trafic d'influence.

Dans cette débauche de capitalisme financier où se sont vautrés les Etats-Unis et le reste du monde, la politique à la papa s'est laissé gagner par le cancer de la corruption, à la fois direct et contourné, légal et illégal. Depuis la désindustrialisation galopante de l'Amérique, on ne trouve plus guère de sénateur pour représenter l'Etat "Boeing" ni de PDG reconverti en secrétaire d'Etat pour proclamer que "ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Amérique". Nouveau mot d'ordre : "Ce qui est bon pour l'Amérique est bon pour la planète." Assurément, la corruption est devenue systémique aux Etats-Unis et elle ne concerne pas seulement des conglomérats, mais des agences de notation et d'audit.

 

Sur le Vieux Continent aussi, elle pullule ; les affaires Vivendi et Parmalat y font écho au scandale Enron.

 

Pour la plupart, les suborneurs sont des hommes en gris, employés à promouvoir la fortune de l'entreprise qui, en retour, décidera de la leur. Aux côtés des lobbies et groupes de pression, loin devant les syndicats, ils graissent la patte aux politiciens de tous bords. Leurs amis républicains et démocrates, dont les élections et les nominations sont largement financées, et donc biaisées, par le monde de l'entreprise, ont investi les branches législatives, exécutive et administrative du gouvernement, aux niveaux fédéral, étatique et local. Le symptôme le plus manifeste de l'enkystement des affaires dans la politique est la porosité des frontières entre secteur public et privé. Sans cesser d'entretenir leurs relations au Capitole, les initiés ne s'interdisent pas quelques incartades pour le compte d'intérêts privés, en attendant un éventuel retour au pouvoir. Et pour étoffer son CV, il est de bon ton de se greffer sur une université ou un think tank.

Entre deux mandats, les plus hauts fonctionnaires s'en vont monnayer leur expérience et leur réseau au sein du gouvernement, de l'entreprise et de la haute société. Les anciens présidents ouvrent le bal, empochant des sommes faramineuses pour baratiner des parterres d'hommes d'affaires. Tel candidat malheureux à la présidence n'a pas hésité à se mettre à la solde de Viagra et de Pepsi. Le XXIe siècle s'éveille au son d'un nouveau concert de nations, qui bientôt tomberont sous la coupe de plusieurs grandes puissances. Leurs systèmes politiques ont beau être différents, elles sont toutes arrimées à un même capitalisme étatique. Les rivalités ordinaires seront exacerbées par la ruée vers les ressources toujours plus rares que sont l'énergie, les denrées et l'eau, tandis que l'explosion démographique restera le fait de pays en proie à l'instabilité chronique et à la misère, dont certains sont dotés de ressources naturelles très prisées, sous contrôle de petites élites locales.

Ce meilleur des mondes suscite les convoitises et offre un terrain propice à la corruption endémique. L'hydre increvable promet de s'acclimater à toutes les latitudes. Face à la débandade de l'Occident, il sied mal aux dirigeants hypocrites d'un monde opulent de dénoncer la corruption comme le stigmate du tiers-monde. Faut-il leur rappeler que, sans la complicité de leurs intermédiaires occidentaux, les prédateurs financiers des régions non occidentales n'auraient pu transférer, blanchir et investir leur butin à l'étranger, ni s'imposer comme les maîtres de la corruption dans des Etats embryonnaires ou vacillants, terrains de chasse des chevaliers d'industrie et autres canailles de tous horizons".

Arno J. Mayer 

 

Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy

Extraits d’une tribune libre du Monde du 26-09-2010

 

Arno J. Mayer est professeur émérite d'histoire européenne à l'université de Princeton. Penseur de la gauche américaine, il est né en 1926 au Luxembourg et vit aux Etats-Unis depuis 1944. Après avoir travaillé sur la diplomatie européenne, il publie en 1990 La Solution finale dans l'histoire (La Découverte), qui fera débat. Son dernier ouvrage s'intitule De leurs socs ils ont forgé des glaives. Histoire critique d'Israël (Fayard, 2009).

 

mayer 

 

Si vous n’êtes toujours pas convaincus, si vous pensez l'Europe épargnée, lisez la presse de ce matin (la présidente de l'Autorité européenne de sécurité des aliments appartient à un lobby industriel !), ou relisez les articles épinglant ces médecins de l’O.M.S. chargés l’hiver dernier du dossier de la grippe A d'un côté, et liés à l’industrie pharmaceutique de l'autre : peu de domaines y échappent, dès lors qu’il y a des enjeux économiques, politiques ou sociaux.

 

OMS chan

 

Le sport, lui aussi, est touché : le Président de l’agence française de lutte contre le dopage vient de démissionner, faute de moyens financiers suffisants. Amer, il déclare « un jour, on m'a expliqué qu'il ne fallait pas trop lutter contre le dopage sous peine de perdre l'organisation de compétitions internationales importantes ou de priver les sportifs français de victoires. Devant les enjeux économiques et financiers colossaux du sport business, le mouvement sportif et le pouvoir politique préféreraient peut-être avoir une agence forte mais qui fasse semblant ».

La plupart du temps, ce sont de fausses idoles qu'on (t') adore.

 

steroids

 

 

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2010-09-28T13:30:00+02:00

sur les traces de David Lynch (2/2)

Publié par undetension

aug10 197

 

L'un des plus beaux films de Lynch, tourné à Los Angeles, est incontestablement Mulholland drive. C'est aussi le nom d'une route qui traverse les collines surplombant Hollywood. On y voit les grandes lettres symbolisant la capitale du septième art. A faire et à refaire, de jour, au crépuscule (ci-dessus, avec l'étoile du berger), la nuit.

 

aug10 207b 

 

mulholland 

 

Il n'y a guère que de là-haut sur Mulholland drive qu'il est possible de trouver Los Angeles belle.

 

aug10 209a 

aug10 199a

 

De jour, c'est déjà pas mal, mais la nuit, c'est grandiose et féérique, les lumières semblant aller jusqu'à l'infini.

 

aug10 195b

 

Ci-dessus en bas et à droite, on voit bien l'Hollywood Bowl, la salle de concert à ciel ouvert où nous avons terminé notre voyage, dans les accords triomphaux des musiques d'Indiana Jones et de Star Wars : nous achevons ce voyage en fanfare.

 

 

aout2010 028a

 

Le public se déchaîne pour les extraits de la Guerre des étoiles, beaucoup sortant alors de leur sac un sabre laser en plastique, qu'ils agitent au dessus de leur tête. Quels grands enfants ! 

 

aug10 199e 

 

En ce 28 août, dernière séance de shopping dans un gigantesque centre commercial composé de magasins de grandes enseignes (C.K., Diesel...) vendant leurs fins de série en soldes : on appelle ces complexes "outlet". Carte bleue indispensable.

 

aug10 225 

 

Essai des chaussures Nike ou Adidas, achat de quelques c.d. (le dernier album d'Eminem est excellent), et ce sera l'heure des bagages. Quel mois exceptionnel !

 

aug10 230a

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2010-09-28T13:30:00+02:00

"La région la plus démocratique du monde est désormais le terreau des politiques extrêmes"

Publié par undetension

Restons en Amérique, avec le dernier numéro de Newsweek, qui égratigne sérieusement la France en titrant : "Europe new extreme, Sarkozy and the rise of a new hard right".

 

newsweek 

 

Inquiétant, car 2012 approche, et plus son impopularité sera grande dans les classes moyennes - principal réservoir de voix aux élections- plus il aura besoin de récupérer des voix dans l'électorat d'extrême-droite en chassant sur leurs terres, en vue des présidentielles. En octobre, la composition du prochain gouvernement donnera une indication sérieuse du cap souhaité à l'Elysée : le zèle déployé par Hortefeux tout l'été semble indiquer que ce dernier a faim de hautes responsabilités.

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2010-09-27T13:20:00+02:00

Rachida ouvre de nouveau la bouche : elle a la langue qui fourche

Publié par undetension

Après plusieurs mois de silence, elle revient sur le devant de la scène. Dans son interview de rentrée, Rachida, en véritable pipelette, ne tient pas la langue de bois. Lap suce révélateur : elle avoue à demi-mot que les hommes aiment l’inflation.

 

 

 

 

 

Pour faire une telle confession, elle devait être dans un État proche de la Caroline du Nord.

 

caroline

 

On sait désormais à quel bois Rachida se chauffe : du meilleur, de celui dont on fait des pipes.

Encore un sacré petit bout de bonne femme (elle est encore plus petite qu'Eva Joly ou Claire Thibout).

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